Observations, apprentissages et nouvelle direction

J’espère que vous allez bien!

Aujourd’hui, j’ai décidé de ne pas choisir de sujet spécifique et de consacrer tout l’article à mon point d’étape. En effet, j’avais annoncé que je ferais le point sur ma pratique à environ un mois et demi du début de l’année. Et… on y est! C’est vite passé, non?

Ça veut également dire que j’ai prolongé la durée du sondage concernant mon prochain billet sur l’écriture. Si vous ne l’avez pas encore fait, vous pouvez donc encore voter à la fin de mon dernier article.

Mes observations

Tout d’abord, voici les différents constats que j’ai pu faire depuis le début de l’année :

Mes succès

J’ai le plan complet de deux romans — celui dont je vous ai déjà parlé, mais aussi la saison 2 de Nocturne. Ce doit être ma dixième version… Sauf que, cette fois, j’en suis vraiment fière! J’ai le sentiment d’avoir une bien meilleure compréhension qu’il y a encore un ou deux ans de la façon dont un récit doit se développer, et dont les divers aspects d’un roman se raccordent.

(Psst! Si cet aspect vous intéresse, c’est l’option « Construire un plan de roman en 3 actes » dans le sondage.)

Mes difficultés

Je pourrais les résumer en un mot : écrire.

Durant ces 45 jours, j’ai pourtant écrit pas mal de brouillons (pour trois projets différents), mais j’ai toujours l’impression que la scène meurt sur la page dès qu’elle sort de ma tête, et je ne sais pas comment la ranimer. Même si j’essaie de l’analyser puis de la réécrire, dès l’instant où je repasse à la rédaction… rebelote!

Objectivement, j’ai identifié trois problèmes : 1) j’ai du mal à créer des situations de crise, et donc des climax satisfaisants, à l’échelle de mes scènes (c’est l’option « Créer une dynamique narrative » dans le sondage), 2) j’ai du mal à trouver une voix qui correspond au projet, et 3) je ne sais pas réviser un mauvais texte pour le rendre meilleur.

Cela dit, j’ai l’impression que ces trois problèmes apparents proviennent d’une source commune, et beaucoup moins objectivable. Ma véritable difficulté, depuis maintenant plus de deux ans, c’est de réussir à m’investir dans ce que j’écris. Je suis toujours à distance, je ne le ressens pas. Alors, j’ai beau avoir construit une crise efficace en théorie (dans mon plan), je n’arrive pas pour autant à la rendre en pratique.

Car une crise n’a d’existence que subjective. Un autre personnage ne serait pas forcément en crise dans la même situation. Donc, la seule manière d’exprimer réellement cette crise, c’est d’arriver à entrer dans le personnage, à ressentir (et faire ressentir) ce qu’il ressent.

L’expérience « Fast Draft »

Ce que je n’ai pas raconté la dernière fois, c’est que j’ai manqué d’assurance pour tenter le Fast Draft de Candace Havens (un premier jet en 14 jours) avec ma romance fantasy. Tout à coup, j’ai eu envie de me remettre à la saison 2 de Nocturne. Sauf que mon dernier plan, qui datait de début décembre, s’est avéré manquer de détails, et comme j’ai inclus de nouvelles idées à mesure qu’elles me venaient…

Au bout de cinq jours, je me suis retrouvée dans l’impasse. Et cela a provoqué une grosse crise émotionnelle et existentielle dont je me remets à peine.

Interprétation et apprentissages

Sur le plan technique

Ray Bradbury avait raison. J’avais tort.

Les plans de roman, ça va, je maîtrise à peu près. À ma propre surprise, ce qui me pose le plus de problème aujourd’hui n’est pas propre au roman : une nouvelle aussi est constituée de scènes, une nouvelle aussi a une voix spécifique, et une nouvelle aussi peut avoir besoin de révisions. Une nouvelle aussi ne fonctionne que si je ressens ce que j’écris.

De plus, en analysant une énième fois le premier épisode de Nocturne (saison 1), je me suis rappelé qu’à l’origine, c’était censé être une nouvelle. Cela explique certains de ses défauts, comme le décalage de ton avec les épisodes suivants, ou encore son côté un peu caricatural — je n’avais pas la place d’être plus nuancée.

Mais, en même temps, cette ex-nouvelle est super bien construite, et j’ai réalisé à quel point cela m’avait aidée à écrire les 11 épisodes suivants : il m’a suffi de dérouler les fils que j’avais judicieusement mis en place.

Sans parler de la satisfaction d’avoir un texte quasi-autonome déjà terminé! Jusqu’assez loin dans l’écriture de la saison complète, j’avais toujours l’intention de soumettre le premier épisode à un concours de nouvelles, et je crois que ça m’a motivée. Alors qu’on ne peut rien faire, à priori, avec un début de roman.

Bref, je suis revenue sur mon refus de pratiquer l’écriture au travers de textes plus courts qu’un roman. Je pense que c’est le format du défi Bradbury qui ne me parle pas, qui est trop rigide et intimidant pour moi, et qui m’a fait oublier que j’avais aussi quelques nouvelles parmi mes projets d’écriture :

  • des genres d’épisodes bonus, hors saison, situés dans l’univers de Nocturne;
  • une réécriture du mythe grec d’Hélène et de Pâris.

Sur le plan émotionnel

Ces derniers jours, j’ai fait pas mal de recherches sur le TDAH (dont j’ai parlé dans mon dernier article). Et je dois vous dire que, plus j’en apprends dessus, plus je suis convaincue d’en « souffrir ». C’est même assez étrange de voir autant de mes comportements, que je croyais uniques et originaux, être expliqués aussi simplement par la science — et partagés par autant de personnes : des personnes avec un diagnostic de TDAH.

Et ça m’aide énormément à me comprendre. Par exemple, je comprends à présent que le Fast Draft, dans sa version neurotypique, ne pouvait pas me convenir. Car il est basé sur deux concepts qui sont notre kryptonite : « Just do it » et « You can do it ». (Si vous comprenez l’anglais, cette excellente vidéo aborde le sujet : ADHD and motivation.)

La plupart des gens, quand ils décident de faire quelque chose là, tout de suite… le font. Cela peut sembler évident, mais, en réalité, cela fait intervenir des processus cognitifs très élaborés… qui sont dysfonctionnels chez les personnes avec un TDAH. « S’y mettre », comme on dit, est un défi d’une ampleur démesurée quand on a un TDAH, surtout si :

  • on doit interrompre une autre activité pour le faire,
  • il n’y a pas d’urgence,
  • il n’y a pas de récompense immédiate et garantie en vue,
  • on y associe des peurs et des expériences négatives.

Quant à « You can do it », là n’est pas la question pour moi. En théorie, je sais déjà que c’est vrai. Mais, en pratique, c’est souvent faux, et le nier ne m’aide pas à changer ce fait.

Beaucoup d’écrivains souffrent du syndrome de l’imposteur : l’impression de ne pas être légitime et/ou capable, alors que nos réussites objectives démontrent le contraire (on s’explique alors ses propres réussites par des coups de chance, des erreurs, des méprises).

Pour ma part, j’ai toujours eu le sentiment d’avoir l’inverse du syndrome de l’imposteur. Et je me rends compte que c’est assez courant chez les personnes avec un TDAH.

Ceux d’entre nous qui ont découvert leur TDAH à l’âge adulte, en particulier, étaient généralement de bons élèves (c’est ce qui nous a permis de ne pas être repérés avant). Les personnes autour de nous reconnaissaient en général notre intelligence et nos capacités; notre « potentiel ». Nous étions destinés à faire de grandes choses. Si seulement nous étions : plus disciplinés, plus travailleurs, mieux organisés, moins impulsifs, moins émotifs, moins éparpillés…

Le résultat, paradoxalement, c’est que je me sens tout à fait légitime et capable de faire à peu près n’importe quoi, à fortiori ce dont j’ai envie. Ce sont mes échecs objectifs qui semblent démontrer le contraire. (On peut réussir à l’école jusqu’à un certain point parce que c’est très structuré, qu’il y a des échéances et des conséquences. Mais plus on avance dans la vie adulte, plus ça se gâte…)

Alors, non, je ne peux pas le faire — pas en l’état. J’ai dit que le Fast Draft n’exigeait aucune compétence littéraire. Mais ça n’en exige pas moins des compétences exécutives et émotionnelles. Que je ne maîtrise pas. Pour lesquelles j’ai besoin de beaucoup d’aide.

Donc, pour pouvoir continuer ma pratique, j’ai aussi besoin de concevoir un processus qui tient compte de mes limites, de mes difficultés mentales et émotionnelles. J’ai cherché des tas de trucs sur le Web, je les ai croisés avec ma propre expérience de ce qui me motive et ce qui me décourage, et j’ai désormais un plan. Et la première étape de ce plan, c’est de le tester et l’affiner au cours des semaines à venir.

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Dans deux semaines, je vous parlerai… du sujet que vous aurez choisi! N’hésitez pas à participer au sondage.

Apprendre, plutôt que vouloir

Point d’étape au 31/01

J’étais assez découragée il y a une semaine. J’avais tenté de me lancer dans mon premier jet de différentes façon, et chacune de ces façons, plutôt que de m’offrir une solution, semblait me révéler une nouvelle faiblesse, une nouvelle lacune dans mes compétences. La liste de ce que je ne savais pas faire, ou mal, ou sans constance, ne cessait de s’allonger.

Toutefois, comme je m’étais engagée à persévérer pendant au moins un mois, je me suis donné une dernière chance : depuis quelques jours, je teste la méthode de « Fast Draft » de Candace Havens. En même temps, je réécoute des anciens épisodes du podcast de Story Grid, et j’ai été frappée par une idée évoquée dans l’un d’eux : la plupart de nos obstacles sont émotionnels.

C’est plus qu’évident alors que je suis en plein Fast Draft, et que je suis censée ne me soucier d’aucune exigence littéraire, à part celle de transcrire mon histoire en mots. Voilà qui ne prend aucune compétence, et qui me paraît pourtant être le défi le plus difficile de tous. Ou alors, peut-être que savoir gérer ses émotions, ses peurs, ses préjugés et les messages fallacieux de son propre cerveau est la compétence la plus importante de toutes?

Aujourd’hui, je voulais vous parler d’état d’esprit et, plus précisément, du changement d’approche qui a donné lieu à cette résolution : pratiquer l’écriture. Ce n’est finalement pas si éloigné de la question à laquelle j’ai été confrontée ces dernières semaines : qu’est-ce qui est un objet d’apprentissage, et qu’est-ce qui n’en est pas un?


Le TDAH, c’est quoi?

En septembre, alors que je cherchais sur le Web des astuces pour m’aider à passer d’une tâche à l’autre — une gymnastique mentale à laquelle je suis si mauvaise qu’elle me fait perdre des jours entiers de travail —, je suis tombée sur cet article : What all ADHD adults need to do to make task switching easier. (J’ai aussi trouvé pas mal de ressources ciblant les enfants autistes, mais elles me sont vite apparues peu pertinentes.)

En français, ADHD ou ADD se disent TDAH, pour « Trouble du déficit de l’attention avec ou sans hyperactivité » (un terme parapluie, sous lequel on distingue trois profils : un à dominante hyperactive, un à dominante inattentive, et un profil combiné).

Je connais plusieurs autrices de romance qui souffrent de TDAH (Sabrina Jeffries, que j’ai rencontrée en 2011, ou Bree des Kit Rocha, que je suis sur Twitter). Pour autant, cela ne m’avait jamais effleurée que je puisse y être moi-même sujette. En partie parce que j’étais très mal informée sur ce que cela désignait, et en partie parce que je ne corresponds pas du tout au stéréotype, celui d’un garçon turbulent en échec scolaire.

Lire cet article m’a donc beaucoup surprise, parce que je m’y retrouvais complètement. Certes, n’importe qui peut avoir des difficultés à passer d’une tâche à l’autre, et il y a d’autres variables en jeu. Mais le fait est que cela a toujours été un immense problème pour moi, dont j’avais honte, et que j’attribuais à divers traits incorrigibles de ma personnalité (paresse, égoïsme), et en même temps, en certaines occasions, une qualité qui étonnait le monde autour de moi (« Quand tu avais deux ans, tu pouvais passer une heure à dessiner » ou « T’as déjà fini ce livre? Tu lis vite! » Moi : Non, j’ai juste été incapable de m’arrêter.)…

J’ai donc voulu en savoir plus sur le TDAH. Et devinez quoi? Je me suis reconnue dans un tas d’autres traits typiques, mais moins connus, car ne faisant pas forcément partie du diagnostic officiel : le fait d’être ultra-bordélique, étourdie, de perdre ou d’oublier des objets, des rendez-vous, des dates importantes; l’insomnie chronique; les réactions émotionnelles disproportionnées face à toute sensation (même infondée) de rejet; l’incapacité à rester sans bouger, ou même assise dans une position « normale »; la procrastination extrême, et j’en passe.

Alors, ai-je un TDAH? Je ne sais pas, et je me suis rendu compte que je n’avais pas besoin de le savoir. En effet, le seul fait d’envisager cela comme une possibilité a complètement changé mon état d’esprit, et cela suffit, pour l’instant, à me permettre de beaucoup mieux fonctionner. J’ai l’impression que cela a éclairé les zones d’ombre de mon validisme inconscient — et m’en a libérée par la même occasion.

1. J’ai arrêté d’interpréter mes difficultés comme des défaillances morales

Notre premier réflexe, parce qu’il est si ancré dans la culture, c’est d’attribuer nos erreurs à un défaut moral. Je le vois d’ailleurs dans ma propre façon d’être avec mon fils : quand je lui ai répété dix fois une consigne et qu’il fait exactement l’inverse, clairement, c’est qu’il ne veut pas réussir.

C’est très difficile de se reprogrammer quand on est habituée à se traiter soi-même de cette façon — parce que c’est ainsi que tout le monde nous a toujours traitée. « Tu étais censée faire ça et tu ne l’as pas fait? T’es vraiment trop paresseuse. Ou alors, tu ne penses qu’à toi, qu’à tes affaires. Tu manques de volonté. Tu manques de courage. »

Or, si la source du problème n’était vraiment que morale, le réaliser devrait suffire à corriger notre comportement. Je n’ai pas envie d’être paresseuse ou égoïste. Et pourtant, j’ai beau essayer d’agir autrement, ça semble plus fort que moi. Je ne fais pas exprès d’échouer, encore et encore et encore.

Ce n’est pas que je ne veux pas réussir, mais que je ne sais pas comment faire.

Je sais depuis longtemps que je suis une très mauvaise enseignante, mais, en tant que parent, on n’a pas le choix que d’endosser un minimum le rôle d’éducateur. Et plus mon fils grandit et est amené à devoir maîtriser des tâches complexes, plus je vois l’étendue des opérations neurologiques invisibles qui mènent à la moindre réalisation.

En gros, il y a des types de tâches qui, étant jugés « suffisamment faciles » (ou intuitives) par suffisamment de monde dans notre société, ne sont pas dignes d’être formellement enseignées ou apprises. On nous dit « fais ceci », qui équivaut à « obtiens ce résultat », et tout le monde prend pour acquis qu’il suffit de le vouloir et de le décider, pour le faire effectivement.

Et quand ces actions (ou leur absence) ont des conséquences sur autrui, on attribue des qualités ou des défauts d’ordre moral aux personnes qui les réussissent ou les ratent. Ce qui n’aide absolument personne.

Donc, désormais, plutôt que de me sentir coupable de mes erreurs et de mes échecs, je choisis de les voir comme des difficultés que je peux surmonter, même si j’aurai besoin pour cela de plus d’aide, de plus d’étapes et de plus d’efforts que d’autres personnes.

2. Je ne cherche plus (en vain) les raisons de mes difficultés dans mon inconscient

Il y a une autre façon, moins moralisante et plus psychologisante, d’appréhender nos failles et nos manquements. Elle est moins dommageable que la précédente et, en général, je ne pense pas qu’on doive la proscrire : il s’agit de chercher par l’introspection des causes inconscientes, ou semi-conscientes, à nos comportements.

Le piège, à mon avis, est de croire qu’on peut toujours trouver une réponse, que tous nos actes ont une cause que l’on est capable de modifier, pourvu qu’on en prenne conscience. Car cela revient alors un peu au même que ce que j’ai décrit plus haut; sauf qu’au lieu d’un manque de sens moral, c’est un manque d’information, de lucidité, de connaissance de soi qui nous minerait.

C’est parfois le cas, et ça ne coûte pas grand-chose d’explorer ses motivations, ses peurs, ses croyances. Mais, une fois que c’est fait, si cela ne nous aide pas à changer, il est facile de retomber dans une forme de culpabilisation : pourquoi est-ce que je m’accroche à cette croyance limitante? Pourquoi est-ce que je m’autosabote? Pourquoi est-ce que je continue à mal faire alors que je sais ce qu’il faut faire?

Ça peut même mener au syndrome de l’imposteur : je dis que je veux écrire, mais je ne fais que procrastiner; peut-être qu’au fond de moi, je ne veux pas réellement écrire? Que ce que je prends pour ma vocation n’est en fait qu’une lubie, et que je ferais mieux de laisser l’écriture à ceux qui veulent écrire « pour de vrai », et qui le prouvent en le faisant?

Stop. C’est peut-être aussi simplement mon cerveau qui me met des bâtons dans les roues, et cela n’a rien à voir avec ce que je crois, ce que je veux ou ce que j’ai vécu quand j’étais petite — sauf dans la mesure où on ne m’a clairement pas appris à gérer ces difficultés.

C’est au moins aussi plausible qu’une histoire de fantôme ou de secret enfoui, même si c’est moins pittoresque. Et, surtout, même si cela signifie qu’il n’y a pas de remède, de solution définitive à ces difficultés, et que je dois avant tout apprendre à vivre avec.

3. J’accepte toute l’aide que je peux obtenir

La preuve que l’introspection n’est pas toujours mauvaise, c’est qu’en me rendant compte des points 1 et 2, un troisième point, qui relevait de mon état d’esprit inconscient, m’est apparu.

À savoir : pourquoi me suis-je accrochée si longtemps à ces modes de pensée néfastes et destructeurs? Parce que ce sont les modes de pensée dominants, certes. Mais, pour être honnête, j’ai plutôt l’esprit de contradiction, j’aime tout analyser, et « tout le monde le pense » est rarement une raison suffisante pour que j’accepte une idée.

J’ai ainsi réalisé que j’avais honte d’avoir besoin d’aide, et que cela puisse être l’horizon indépassable de ma vie. J’avais envie d’une solution permanente, pas d’une béquille dont je serais éternellement dépendante. Pour moi, le bonheur ne pouvait pas ressembler à ça.

Il y avait là-dessous un relent de validisme que je ne soupçonnais pas, mais aussi une préoccupation légitime. Après tout, certains traitements, d’abord développés à des fins médicales, en sont venus à être utilisés par des athlètes pour se doper. Est-ce qu’une personne qui n’a pas de problème avéré, si elle cherche des moyens d’être plus productive, de faire moins d’erreurs, n’est pas simplement en train d’obéir à l’injonction capitaliste d’être toujours plus compétitive, efficace, rentable?

Autrement dit : est-ce moi qui ne suis pas à la hauteur, ou est-ce que ce sont les attentes qu’on a de moi qui sont trop élevées?

C’est une question à laquelle chacun doit répondre pour lui-même, parce qu’il n’y a pas de réponse universelle ou objective. Mais, si vous voulez un conseil, en bonne conteuse d’histoire, je vous dirais de vous pencher sur vos désirs et sur vos besoins. Sont-ils alignés? Vos désirs vous empêchent-ils de satisfaire vos besoins? (C’est le cas si vous vous « dopez » pour tenir le rythme.) Ou bien, comme dans le voyage du héros, satisfaire vos besoins vous aiderait-il à réaliser vos désirs?

À ce sujet, je vous invite également à écouter cet épisode du podcast Simple & Cité de Florie Vine.

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Je commence à accumuler les sujets pour de futurs articles, alors je vous propose de choisir celui du prochain!

Développer une idée de romance

Point d’étape au 15/01

Cette semaine est la première de l’année où j’ai eu le temps de me lancer concrètement dans mon premier jet. Armée de mes notes et de mon plan, j’ai testé quatre débuts différents (deux idées distinctes que j’ai révisées une fois chacune), j’ai écrit alternativement sur papier et directement à l’ordinateur, et… rien à faire. Aucune de ces scènes ne fonctionnait.

Mon diagnostic, c’est que j’ai une histoire globale qui fonctionne au niveau macro — j’en suis satisfaite et elle me donne très envie d’en écrire le roman —, mais que je pèche au niveau micro : celui de la scène individuelle. Ça expliquerait que je trimballe ce problème de projet en projet depuis 3 ans, peu importe le genre, la longueur, le style du projet en question, peu importe que j’aie un plan ou pas…

Je vous en reparlerai volontiers lorsque j’aurai plus de recul à ce sujet. En attendant, intéressons-nous à ce qui marche : laissez-moi vous présenter la façon dont j’ai sélectionné et développé mon projet pilote à partir de quelques idées de départ.


Tirage au sort et créativité

À priori, je pensais partir sur un projet de romance tout neuf. Je me suis donc fait un tableau à 12 lignes, avec 5 colonnes : une colonne pour le sous-genre, 3 colonnes pour divers topoï (tropes) de romance (type de relation, motif, type de personnage) et, enfin, une colonne pour les clichés qui m’agacent et que j’ai envie de retourner. Puis j’ai roulé mon dé à 20 faces 5 fois, et ça m’a donné :

historique médiéval — de la haine à l’amour (enemies to lovers) — un seul lit — royauté — héroïne badass/surpuissant-e

Si vous voulez que je vous fasse un tirage, mentionnez-le en commentaire! Comme moi, vous découvrirez peut-être que vous n’êtes pas fait-e pour écrire sur commande… mais cela aura peut-être le mérite de stimuler votre créativité! En effet, j’ai passé quelques jours à me dire que ça ne m’inspirait rien, avant de réaliser que ça collait plutôt bien à un de mes vieux projets d’adolescence :

Lorsque le roi est tué à la guerre, il laisse sa fille tout juste adulte comme seule héritière du trône. On la presse alors de prendre un époux…

En 2011, j’avais déjà essayé d’en faire un récit de fantasy, mais je n’ai jamais pu le terminer — j’écrivais sans plan, et j’ai fini par ne plus savoir quoi faire de toutes les intrigues que j’avais lancées au hasard. Il se trouve que j’ai relu ce premier jet l’été dernier, et si l’histoire m’a parue encore plus mal fichue que dans mon souvenir, avec pas mal de clichés en prime, je suis retombée en amour avec mon univers.

C’était donc l’occasion de reprendre ce projet, mais de le reprendre complètement, à partir de zéro. Et, cette fois, j’allais assumer d’écrire une romance.

Une méthode pour s’éviter de futurs problèmes

Et maintenant, un flash-back : j’ai remanié l’intrigue et les personnages de mon « projet infernal » (alias Nocturne, Saison 2) au moins dix fois, sinon plus. À la fin, j’avais du mal à croire à ma propre incompétence : comment était-il possible de se tromper autant de fois, coup sur coup? Et puis j’ai fini par comprendre : à chaque fois que j’avais conçu mon plan erroné — ou que j’avais tenté d’écrire sans plan —, j’avais omis de clarifier d’abord ce que le genre principal (la romance) exigeait de l’histoire et des protagonistes.

Le résultat, c’était que j’avançais à tâtons, me contentant de changer des éléments au feeling, ce qui causait ensuite de nouveaux problèmes dans la version suivante. J’ai ainsi mis trois ans à m’apercevoir que les éléments que j’essayais en vain d’arranger de façon cohérente relevaient de logiques incompatibles…

Ce que je vous détaille dans ce billet, c’est donc une étape qui intervient avant le plan (si vous êtes architecte) ou avant l’écriture (si vous êtes jardinier), que j’ai conçue afin de m’éviter ce genre de désagrément à l’avenir. Elle se base sur des concepts que je n’ai pas du tout inventés, et sur lesquels vous trouverez une foule de ressources gratuites sur le Web.

Ma seule contribution, c’est l’ordre dans lequel je vous suggère de les aborder, et l’intention avec laquelle les utiliser. C’est une méthode qui peut sans doute s’appliquer à tous les genres, mais qui est spécialement adaptée à la romance, un genre complexe où l’on doit jongler avec deux protagonistes et trois intrigues quasi-principales.

1. Quels sont les conflits internes des protagonistes?

C’est vraiment l’aspect de l’histoire qui va gouverner tous les autres et, pour cette raison, celui qu’il vaut mieux fixer en premier. (J’y reviendrai.) Dans une romance, les conflits internes décrivent les préjugés, les erreurs de raisonnement ou les défauts des protagonistes qui les empêchent de s’aimer (autant au niveau sentimental que matériel).

Il y a un motif que j’aime beaucoup en romance : c’est quand l’un des protagonistes tombe amoureux (ou croit tomber amoureux) de la mauvaise personne. Dans ce cas de figure, le conflit interne est donné : c’est l’idée préconçue (et fausse ou, à tout le moins, naïve) que le protagoniste se fait de l’amour et du partenaire romantique idéal.

Puisque j’ai tiré l’héroïne badass comme cliché à retourner, j’ai décidé que mon héroïne serait, pour le coup, typiquement (ou traditionnellement) féminine : elle ne sait pas se battre; elle aime les jolis vêtements, les soirées mondaines, les histoires d’amour. Je trouve qu’on en voit trop rarement en personnage principal, surtout en fantasy!

En suivant la logique d’une telle personnalité, on peut imaginer que l’héroïne est une jeune femme romantique, sensible à la beauté et aux compliments, et qui rêve d’un mari séduisant et spirituel. Si c’est ce qui l’empêche de s’intéresser au héros, c’est donc que ce dernier ne l’est pas!

Cependant, si j’écris une romance « de la haine à l’amour », il faut que ça aille plus loin encore que ça. Ce n’est pas seulement qu’il la laisse indifférente; il lui est insupportable! Or, d’après mon idée de départ, le héros est censé être un genre de chevalier au service de la reine. Il n’est donc ni son ennemi objectif ni son rival, et il ne peut pas être trop agressif, ou provocant, ou sarcastique à son égard (comme on le voit souvent dans les romances basées sur ce topos).

Pour amplifier leur discorde, j’ai donc décidé de la faire porter sur un sujet qui touche de très près l’héroïne — le choix de son futur époux. Ainsi, si l’héroïne se fourvoie dans un romantisme naïf, le héros peut, à l’inverse, être trop pragmatique, manquer d’empathie. C’est ce qui lui fera, de son côté, considérer à tort l’héroïne comme frivole et irresponsable.

2. Quels sont les conflits externes des protagonistes?

Les conflits externes résultent de tous les obstacles extérieurs qui se dressent face à une relation amoureuse entre les protagonistes. Ces obstacles relèvent de l’intrigue, de l’univers ou du contexte (situation initiale), mais, pour l’instant, ils sont envisagés en dehors de toute chronologie.

Les conflits externes nous viennent parfois plus facilement que les conflits internes, et c’est là que se situe le piège. Car déduire les conflits internes des conflits externes est un véritable casse-tête et, comme je l’ai fait, vous pouvez hasarder dix hypothèses et être toujours aussi loin de trouver une réponse qui convient.

Pour vous en donner une illustration concrète : je voulais que le héros invite l’héroïne à sortir, et qu’elle refuse; puis qu’ils aient finalement un rendez-vous, et qu’un évènement extérieur l’interrompe. Seulement, j’avais également un univers et des protagonistes spéficiques en tête. Et faire le lien entre ce que je savais d’eux et ces idées d’obstacles externes… s’est avéré tout bonnement impossible.

Il n’avait aucune raison de l’inviter à sortir. Elle n’avait aucune raison d’accepter ce rendez-vous. Parce que OBSTACLES INTERNES. Alors, avant de songer aux divers rebondissements susceptibles de les séparer, j’aurais mieux fait de me pencher sur leurs conflits internes et ce qu’ils impliquaient!

Fin de la parenthèse; revenons à mon projet de romance fantasy et à ce que je vous conseille : pour trouver des obstacles externes cohérents, vous pouvez vous poser deux questions. D’une part, dans quelles circonstances, ou face à quelles difficultés, les défauts ou erreurs de vos protagonistes ressortent-ils le plus?

N’oubliez pas que, pour pouvoir se corriger, vos protagonistes doivent d’abord prendre conscience de leurs travers. Pour cela, il faut que ceux-ci deviennent si évidents qu’eux-mêmes ne puissent plus les ignorer. D’autre part, quelles sont les conséquences possibles des défauts ou erreurs de vos protagonistes?

Pour mon projet, les deux principaux conflits externes sont donc : 1/ le fait que le héros et l’héroïne ne se connaissent pas, et vont donc se faire une fausse image l’un de l’autre à partir d’une première impression négative; 2/ la décision de l’héroïne d’épouser un autre homme.

3. Quels grands pans de l’intrigue et de l’univers peut-on en déduire?

À présent qu’on a clarifié les conflits, on peut imaginer les grandes lignes de l’intrigue (c’est-à-dire la succession d’évènements qui forme l’histoire) et de l’univers (l’ensemble des conditions qui vont donner leur sens aux actions des personnages). Il ne s’agit pas de faire un plan, seulement de prendre acte des conséquences nécessaires de ce qu’on a établi jusqu’ici.

Rien qu’en se basant sur ma prémisse, on sait par exemple que le pays est en guerre. C’est ce qui justifie à la fois que la reine doive se marier dans une certaine urgence, et le fait qu’elle ne soit pas encore fiancée, et qu’elle ne connaisse à peu près aucun de ses prétendants. On a aussi déjà déterminé certains évènements : le héros et l’héroïne vont s’affronter au sujet de son choix d’époux, et l’héroïne va initialement choisir un autre homme.

Il est également utile de prévoir, même de façon très schématique, comment vous allez résoudre les conflits internes. En effet, la psychologie des protagonistes ne peut changer que graduellement; c’est une évolution qui doit traverser l’œuvre d’un bout à l’autre. (Il n’est pas aussi crucial de décider à l’avance ce qui va advenir des conflits externes, parce que ceux-ci gagnent au contraire à être surmontés de façon dramatique et inattendue.)

Nos deux conflits internes semblent pouvoir se résoudre par un moyen très simple : donner ample opportunité aux protagonistes d’apprendre à se connaître… jusqu’à tomber amoureux l’un de l’autre. Par exemple, via une grande proximité, sur une durée conséquente, et à travers des péripéties à haute intensité émotionnelle… Et qu’est-ce qui remplit mieux ce rôle qu’un voyage, en fantasy?

Il faut donc donner une raison à la reine et à son « chevalier » de voyager en petit comité, à travers des contrées où surgiront divers dangers, mais aussi des occasions pour chacun de démontrer sa valeur à l’autre. Ce qui nous amène à…

4. Quels sont les objets du désir des protagonistes?

La romance a cela de particulier qu’elle fait rarement l’objet d’une quête active dès le début de l’histoire, et souvent pas avant la seconde moitié. Les conflits internes ne font pas qu’empêcher les protagonistes d’atteindre leur but (la relation amoureuse); parfois, comme dans mon projet, ils les empêchent carrément de penser un tel but et, à fortiori, de le poursuivre.

C’est pourquoi on a besoin d’un habillage, d’un contenant où la romance va pouvoir se développer, ni vu ni connu. Ce contenant, c’est une autre intrigue, qui va donner au protagoniste un premier objet à désirer, une raison d’agir provisoire. Et, bien sûr, chacun des deux protagonistes a, en général, sa propre quête bien à lui.

On connaît déjà le désir initial de l’héroïne : épouser un homme qui n’est pas le héros. C’est donc aussi, logiquement, la motivation qui doit se trouver derrière le fameux voyage.

Le héros, quant à lui, veut un roi capable de mener leur armée à la victoire. C’est ce qui le pousse à s’opposer au choix de l’héroïne. Cependant, à partir du moment où il accompagne la reine dans sa quête pour rejoindre le fiancé qu’elle a choisi, on peut supposer que sa priorité devient la protection de l’héroïne.

À mesure que la romance progresse, elle va prendre le pas sur les autres objets du désir. Pour autant, ces intrigues parallèles ne peuvent pas disparaître juste parce qu’elles ne « servent » plus. Il faut les mener à terme, et c’est souvent la difficulté principale d’une romance :

réussir à tout dénouer d’un coup, d’une manière à la fois complètement logique et complètement satisfaisante.

Comme vous le voyez, à ce stade, on est encore loin d’avoir un plan de l’intrigue, ou des personnages très étoffés! Libre à vous, alors, de continuer à prendre des notes plus détaillées, ou bien de vous jeter à l’eau en démarrant votre manuscrit sans attendre.

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Dans le prochain article, je vous parlerai de TDAH et du changement d’état d’esprit que j’ai connu en fin d’année dernière, et qui me guide aujourd’hui dans ma pratique de l’écriture.

Ma résolution pour 2021 : Pratiquer l’écriture

Je ne sais plus quelles résolutions j’avais prises pour 2020. Sans doute quelque chose comme « écrire une version potable de ce roman qui traîne depuis deux ans ». Rien de trop ambitieux : ce n’était quand même pas demander la lune que d’avancer sur un seul roman dans l’année… Et pourtant, j’en ai été incapable.

J’aimerais bien mettre cela sur le dos de l’année stressante qu’a été 2020. Mais je mentirais; ce n’est pas ce qui m’a empêchée de réussir. Tout au plus, ça a amplifié des problèmes que j’avais déjà, et que je refusais d’affronter depuis trop longtemps. Ainsi, j’avais beau vouloir de toutes mes forces écrire et finir ce satané roman, j’ai bien dû me rendre à l’évidence que je ne savais décidément pas comment m’y prendre.

Écrire un roman, ce n’est pas seulement remplir un livre de mots. Mais alors, qu’est-ce que c’est? Et, surtout, comment peut-on espérer l’apprendre et s’améliorer?

Ces dernières années, j’ai lu pas mal de théories sur la construction d’histoires, qui ont contribué à répondre à la première question. Pour autant, appliquer toute cette connaissance dans un projet concret demeure, au bas mot, difficile. Sans doute ai-je besoin de pratiquer. C’est pourquoi pratiquer l’écriture sera mon seul objectif d’écriture de 2021.

Seulement, que signifie pratiquer, quand on écrit des romans?

Le cul sur la chaise

Cela signifie-t-il simplement aligner les mots, toujours plus de mots, « mettre son cul sur la chaise et écrire », comme le veut le poncif? Si ce conseil est devenu un classique, c’est évidemment parce qu’il a quelque mérite. Il nous rappelle que c’est en écrivant qu’on devient écrivain, et qu’il n’y a pas de raccourci magique : si l’on veut progresser, il faut y consacrer du temps, et être prêt à écrire mal avant de savoir écrire bien.

Cela dit, c’est un truisme qui s’adresse principalement à de parfaits débutants. Pour ma part, j’écris depuis plus de vingt ans, j’ai publié un roman; alors, des heures le cul sur la chaise à écrire, j’en ai passé… Et ce que 2020 m’a largement confirmé, c’est qu’on peut écrire, écrire et écrire encore sans toutefois s’approcher du véritable but : écrire un bon roman (même pas excellent, surtout pas parfait, mais juste… potable, vous savez?).

C’est un peu comme connaître la destination, mais ne pas avoir de carte. On aura beau marcher, cela nous mènera plus tôt au découragement que là où l’on souhaite se rendre!

Le défi Bradbury

Vous avez peut-être entendu parler du défi Bradbury. Il provient d’une idée que le célèbre écrivain du même nom a lancée un jour : plutôt que de consacrer un an à tenter d’écrire un roman, passez-le à écrire une nouvelle par semaine. Vous aurez l’avantage d’avoir travaillé sur 52 projets différents, d’avoir répété 52 fois l’acte de vous lancer et celui de terminer, et peut-être aurez-vous quelques jolies réussites parmi vos 52 textes.

L’idée derrière ce conseil est qu’une nouvelle est plus simple et plus rapide à exécuter qu’un roman. Ce n’est pas faux, et si vous n’avez jamais rien écrit ou rien fini, je ne saurais trop vous recommander de vous faire la main sur quelques nouvelles. Mais, encore une fois, je n’en suis plus là…

Écrire des nouvelles m’a enseigné certaines choses par rapport à l’écriture, mais, par définition, ça ne m’a pas enseigné comment écrire un roman. Cela m’a donné le plan jusqu’au fleuve, mais ça ne m’a pas donné la barque qui me permettrait de traverser ce dernier. Cela m’a bien avancée, mais je ne suis toujours pas arrivée.

Enfin, mon autre réserve vis-à-vis de ce défi, c’est qu’une nouvelle n’est pas qu’un roman en plus court (le terme « nouvelle » en français recouvre des romans courts, mais Bradbury, lui, a employé le terme de « short story », qui désigne en anglais un texte de quelques milliers de mots, soit plus proche de la longueur d’un chapitre). Le format a toutes sortes de conséquences sur le type d’histoires qu’on peut y raconter. Et le fait est que j’ai peu d’affinité avec celui de la nouvelle courte.

Écrire 52 nouvelles indépendantes — ou même 10 — ne m’intéresse pas. La plupart de mes idées ne peuvent s’exploiter que sous forme de roman; c’est donc écrire des romans que je veux pratiquer — et non écrire tout court; sinon, ce blog mériterait aussi de compter, non?

Plan d’attaque

J’ai donc décidé de pratiquer l’écriture en écrivant des romans. Mais pas n’importe quels romans, et pas n’importe comment. « Si tu bloques sur un projet, écris autre chose » : on me l’a déjà dit, et j’ai déjà essayé. Il me faut, décidément, une carte plus précise.

Écrire un roman est en effet compliqué, et requiert le concours d’une myriade de compétences. La première chose à faire, c’est donc d’identifier celles qui nous manquent. Ensuite, on pourra tenter de les acquérir peu à peu.

Pour l’instant, je ne vais me pencher que sur la première étape : observer ce qui se passe lorsque j’essaie d’écrire un roman, et noter ces observations dans un journal. Bien sûr, je vais essayer d’écrire un bon roman, puisque c’est mon état d’esprit par défaut lorsque j’écris; mais mon but premier n’est pas de réussir, c’est juste de me fournir de la matière à étudier.

Sur ce blog, je partagerai des résumés périodiques de ma pratique et de mes observations : ce que j’ai fait, ce qui va bien, ce qui va moins bien; les astuces qui m’aident et les obstacles qui me freinent. Je compte publier deux billets par mois, et alterner entre des considérations d’écriture « pure » (certaines générales, d’autres axées sur l’écriture de romance) et des problématiques d’organisation et de motivation.

Je ferai un premier point dans un mois à un mois et demi. Pas que je pense finir un roman, même court, d’ici 45 jours, mais je crois que je serai alors capable de sentir si cela vaut la peine de poursuivre le test tel quel, ou si j’ai besoin de baisser encore le niveau de difficulté (je déterminerai comment à ce moment-là, d’après les informations que j’aurai rassemblées).

Si vous voulez ne rien rater de cette aventure, je vous invite à vous inscrire à ma liste de diffusion! Je vous écrirai un petit courriel chaque mois, avec les liens vers les deux derniers articles que j’aurai publiés :

En cours…
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Et vous, dites-moi, quelles sont vos résolutions d’écriture pour 2021? Et, bien sûr, si vous avez envie de vous pratiquer à mes côtés, n’hésitez pas non plus à me le signaler en commentaire!

Dans le prochain article, je vous parlerai du choix de mon projet test, et de la façon dont j’ai développé une idée de roman à partir de quelques concepts de départ.