Écrire le matin

Les preuves s’accumulent, je ne peux plus nier la régularité qui se dessine : il y a des activités qu’il vaut mieux faire le matin. (Je parle pour moi, bien sûr. En ce moment. Je ne sais pas si ça a toujours été ni si ce sera toujours le cas.)

La correction ligne par ligne (ou révision linguistique et stylistique), notamment, mais aussi l’écriture. À priori, tout travail qui nécessite une concentration soutenue sur une période de temps assez longue. Quand j’arrive à le caser dans mon bloc horaire du matin 9 h à 11 h 45), ça se passe plutôt bien. Mais, certains jours, quand j’avais des réunions le matin, il m’est arrivé de repousser la correction ou l’écriture vers le bloc horaire de l’après-midi (12 h 45 à 15 h 30)… Mauvaise idée.

Je n’arrive pas du tout à me concentrer l’après-midi. Pas du tout. En tout cas, pas quand j’ai travaillé le matin. Quand je suis en congé, c’est différent. Si je ne m’y mets que l’après-midi parce que j’ai fait la grasse mat’ et du ménage entre temps, ça passe. Et ça ne veut pas dire non plus que je ne peux pas travailler l’après-midi; il y a des tâches qui ne me posent pas de problème. Mais la correction et l’écriture n’en font pas partie.

À part ça, j’ai mon plan pour Nocturne (car je n’aime pas planifier davantage que ce que j’ai décrit la dernière fois). Cette semaine, je me suis lancée dans le brouillon, et ça allait plutôt bien. Mais l’épreuve du feu, je savais que ce serait la retranscription à l’ordinateur… Soit ce sur quoi j’ai passé 4 heures cet après-midi, pour un résultat qui n’atteint même pas les 400 mots (mais c’est l’intégralité de ma première scène).

Alors, j’ai un fatras de pensées par rapport à ça.

Déjà, il faut savoir que j’ai écrit le début de ce roman une bonne vingtaine de fois, sans exagérer. J’ai un énorme bagage émotionnel marqué « échec » qui accompagne cet acte. C’est pourquoi j’ai procrastiné toute la semaine et toute la matinée, et quand je m’y suis mise j’avais le cœur qui battait. Et je m’attendais à ce que ce soit long et difficile à mettre en route.

Mais, à ce propos, je suis toujours ambivalente. Il y a une partie de moi qui pense : prends tout le temps dont tu as besoin, sois perfectionniste, sois obsessionnelle si c’est ce qui peut te permettre de te sentir sûre de toi ensuite, de pouvoir continuer parce que la fondation te paraîtra solide.

Or, d’un autre côté, les textes que j’écris vite et facilement ont tendance à être meilleurs que ceux que je triture longuement (je réécris très peu; mes textes finaux sont très proches de mes premiers jets à l’ordinateur). Cela s’est d’ailleurs produit à plusieurs reprises lors de mes précédentes tentatives d’écrire ce même roman : j’ai passé des heures sur ma première scène… pour la trouver après coup complètement ratée.

Au bout de 2 heures et demie, j’étais donc persuadée d’être retombée dans ce piège. Sauf que j’y croyais, à mon brouillon. Je m’étais bien amusée à l’imaginer, il m’avait semblé bon. Le problème, c’était peut-être que j’avais trop voulu broder, au lieu de m’en tenir à ce que j’avais noté sur mon papier. Alors, comme il me restait un peu de temps, je me suis donné une seconde chance de faire quelque chose de bien de cette scène. Je suis revenue devant l’ordinateur, prête à tout réécrire… et, en fin de compte, je me suis relue et ce n’était pas si mal.

J’ai donc fini de fignoler ma scène et, quand j’aurai le temps, j’écrirai la suivante.

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